Côte d'Ivoire: Sortie d'un livre sur l'attentat terroriste de Bassam

Côte d'Ivoire - Terrorisme - Bassam


Cet ouvrage a été présenté à Abidjan, à une semaine du procès sur l’attaque terroriste de Grand-Bassam, impliquant 18 accusés qui passeront à la barre devant le Tribunal criminel de première instance.

Jean-Jacques Kodjané, proche collaborateur de l'ex-Premier ministre Hamed Bakayoko (ex-ministre d'Etat de l'Interieur au moment des faits à suivi au plus près la gestion par les autorités ivoiriennes de l'attentat Jihadiste ayant frappé la station balnéaire de Grand-Bassam, près d'Abdijan, le 13 mars 2016. Le haut fonctionnaire revient aujourd'hui sur cet événement, premier du genre en Côte d'Ivoire, dans un livre « Attentat de Bassam, dans le feu de l'action », qu'il vient de présenter dans la capitale administrative ivoirienne devant un parterre de personnalités.

« J'ai écrit d'abord par obligation morale, parce que l'attentat terroriste de Grand-Bassam fait désormais partie de notre histoire commune et elle appartient aussi à notre conscience collective », a-t-il justifié, évoquant l'intérêt de cet ouvrage.

En Côte d'Ivoire, l'attentat de Grand-Bassam constitue désormais un repère. Et six années après sa survenance, Dr Kodjané rapporte s'être rendu compte que cet attentat a tendance à « sombrer dans l'oubli ».

Pour lui, la seule façon de ne pas l'oublier, c'est de l'immortaliser à travers un écrit. Il soutient aussi l'avoir fait par « devoir intellectuel » parce que six années après l'attaque terroriste de Grand-Bassam, elle n'a fait l'objet d'aucun écrit scientifique.

Cet docteur et enseignant-chercheur, spécialiste des questions de défense et de sécurité a, par ailleurs, dit s'être rendu compte que pour l'attentat du 11 septembre 2001, aux Etats-Unis, soit plus de 20 ans après « nous sommes à 585 livres en Français consacrés à cet évènement douloureux »

« Enfin, j'ai souhaité écrire pour rendre hommage à nos Forces de défense et de sécurité. Nous avons des personnes qui se sacrifient au quotidien pour leur pays », a-t-il ajouté, faisant observer que la lutte contre le terrorisme devrait faire appel à la fibre patriotique.

Dans ce livre de 210 pages, se dégagent trois parties : la première parle du contexte sous régional marqué par la menace djihadiste, la 2e partie évoque les dispositions qui ont été prises par l'Etat de Côte d'Ivoire pour prévenir la menace terroriste ; et la 3e partie présente le contexte géopolitique africain.

Le ministre d'Etat, ministre de la Défense de Côte d'Ivoire, Téné Birahima Ouattara, a signé la préface de ce livre afin de lui donner un caractère institutionnel. Le général de corps, Soumaila Bakayoko, ex-chef d'Etat-major des armées était présent à la présentation du livre.

Son successeur, le général de corps d'armée, Lassina Doumbia, actuel chef d'Etat-major général des armées, était au moment de l'attaque le commandant des forces spéciales de Côte d'Ivoire, une unité qui a mené l'assaut. Il retrace également le récit de l'offensive de ses forces.

Le général Soumaila Bakayoko a révélé avoir informé le ministre de la Défense et celui de l'Intérieur ainsi que le président de la République pour dire qu'il y avait une attaque terroriste, souhaitant engager systématiquement le processus d'intervention des forces dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

« Tout en approuvant l'engagement des forces spéciales, le président de la République ordonne aussitôt l'activation du Plan d'action contre les terroristes conformément au protocole en la matière et le placement vigilance rouge », rapporte-il.

A Grand-Bassam, fera-t-il remarquer, le poste de commandement tactique des forces opérationnelles a été établi sur le théâtre des opérations à l'Hôtel de France (un établissement hôtelier), d'où il rendait compte au président de la République qui ordonnait les actions en tant que chef suprême des armées.

« L'attaque a été circonscrite dans des proportions limitées, même si nous avons déploré des pertes en vies humaines », a-t-il poursuivi, soutenant que « si nos forces n'étaient pas suffisamment prêtes, cette attaque terroriste aurait été plus dramatique ».

« Nos militaires des forces spéciales ont freiné les terroristes dans leur élan meurtrier. Ils ont opéré avec courage et détermination et professionnalisme », a-t-il poursuivi, indiquant que le dispositif et le mécanisme du plan d'assaut ont « bien fonctionné » permettant de baliser la zone d'opération.

Selon Jean-Louis Moulot, le maire de Grand-Bassam, cité balnéaire située à 40 Km au Sud-est d'Abidjan, l'attaque terroriste a visé trois hôtels, aux environs de 13h (GMT, heure locale). Le dimanche 13 mars 2016, trois hommes armés s'étaient rendus sur la plage de Grand-Bassam, ouvrant le feu sur certaines personnes qui s'y trouvaient.

Selon une note du procureur de la République de Côte d'Ivoire, Richard Adou le procès des responsables présumés de l'attaque est prévu le 30 novembre 2022.
Le bilan de l'attentat est de 19 morts dont neuf Ivoiriens, quatre Français, un Libanais, une Allemande, une Macédonienne, une Malienne, une Nigériane et une personne non identifiée ainsi que 33 blessés.

La période judiciaire ouverte à la suite de cet attentat, avait abouti au renvoi de 18 accusés devant le Tribunal criminel pour répondre des faits d'actes terroristes, assassinat, tentative d'assassinat, recel de malfaiteurs, détention illégale d'armes à feu et de munition de guerre et de complicité desdits faits.


AP/Los/APA

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