Mali : le président IBK sous le contrôle de mutins

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Le président Ibrahim Boubacar Keïta et son Premier ministre, Boubou Cissé ont été arrêtés par des militaires ce mardi à Bamako avant d’être conduits au camp Soundiata Keïta de Kati.

C'est un coup de théâtre au Mali. Tout porte à croire que l'on assiste à une mutinerie. Tôt ce matin, des coups de feu ont retenti au camp militaire de Kati où se trouve une garnison.

Les frondeurs, composés entre autres d'officiers, se sont ensuite dirigés vers Bamako, distante de 15 kilomètres, pour procéder à l'arrestation de hauts gradés de l'Armée nationale ainsi que des ministres.

Dans la mi-journée, de nombreux jeunes conduisant des motos ont pris d'assaut la Place de l'indépendance pour manifester leur soutien aux militaires.

Depuis quelques mois, ce lieu accueille les rassemblements du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) qui réclame avec insistance la démission du chef de l'Etat. Des vidéos d'une colonne de militaires applaudis par des Maliens visiblement satisfaits circulent sur les réseaux sociaux.

L'un des deux canaux de l'Office de Radiodiffusion Télévision du Mali (ORTM) a momentanément cessé d'émettre et les agents ont été priés de rentrer chez eux. La chaîne publique a récemment été la cible de manifestants agités qui ont incendié des véhicules dans la cour de l'ORTM.

Pour l'heure, les mutins n'ont pas officiellement exprimé les réelles motivations de leurs actes. Sur son compte Twitter, Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l'Union Africaine (UA) a condamné « énergiquement l'arrestation du président Ibrahim Boubacar Keïta, du Premier ministre et d'autres membres du gouvernement malien et appelle à leur libération immédiate ».

Le président français Emmanuel Macron dit suivre « attentivement la situation et condamne la tentative de mutinerie en cours ».

A la tête du Mali depuis 2013, Ibrahim Boubacar Keïta a vu son crédit s'effriter au fil des mois. Malgré ses appels incessants au dialogue et la médiation entreprise par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (Cedeao), ses pourfendeurs ne relâchent pas la pression.

ID/te/APA

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