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    Festival national du film marocain: « Larmes de sable », voyage au cœur du goulag du Polisario

    APA-Tanger (Maroc)

    Par Hicham Alaoui. Le long-métrage « Les larmes de sable » du réalisateur Aziz Salmy, projeté dans le cadre de la compétition officielle du festival national du film marocain à Tanger, a plongé les spectateurs dans un voyage au bout de l’enfer des geôles du polisario sur le sol algérien.

    C’est un témoignage poignant sur le calvaire qu’ont enduré les prisonniers marocains, les formes de torture auxquelles ils étaient soumis, les humiliations et privations que leur infligeaient les gardiens du bagne de Tindouf (sud-ouest algérien), avant leur évasion vaillament réussie. Très dur, très violent, mais aussi souvent très émouvant. On y trouve des thèmes qui ne laissent personne indifférent.

     « Lorsque j’ai rencontré M. Lamani, un ancien détenu dans les prisons du Polisario, qui m’a parlé de son passé douloureux, j’ai commencé à m’intéresser au problème et en lisant le livre qu’il a écrit ça m’a inspiré pour monter ce thriller », explique le réalisateur du film Aziz Salmy dans une déclaration à APA.

    La documentation des faits a constitué un handicap majeur pour le metteur en scène de ce long-métrage eu égard à la rareté des ouvrages écrits à ce sujet. « Malheureusement, il n’y a pas eu beaucoup d’écrits trois ou quatre livres en arabe et deux en français. Pas beaucoup d’écrits pour mieux fournir l’imaginaire », a-t-il regretté.

    Et d’ajouter : « Je me suis dit qu’il est judicieux de creuser dans la mémoire de ces gens (ndlr les prisonniers marocains) », soulignant qu’il est impossible de tout transmettre surtout durant la période d’avant le cessez-le-feu (1975 à 1991) entre le Maroc et les séparatistes  du Polisario.

    « Tous ceux qui ont été kidnappés, arrêtés ou faits prisonniers ont énormément souffert », a-t-il rappelé.

    Pour lui, ce film vient pour sensibiliser le public aux souffrances de nos concitoyens dans les prisons de la terreur à Tindouf, et partant, il constitue un témoignage touchant de cette page sombre dans l’histoire de l’humanité.

    Réalisé pour un coût de près de 637.000 euros (7 millions DH), «Larmes de sable» (1 h 47 mn), fraîchement sorti dans les salles du cinéma,  est le premier long métrage marocain qui traite ce sujet de l’évasion des séquestrés dans les camps de Tindouf.

    Le film est l’histoire du retour d’une dizaine d’otages de Tindouf où ils étaient emprisonnés, torturés et humiliés pendant plus de 30 ans. Après leur évasion, ils découvrent une réalité sociale différente de celle dont ils ont gardé le souvenir.

    Leur passé surgit dans leurs cauchemars et obsessions jusqu’au jour où ils rencontrent leur ex-tortionnaire, devenu une personnalité importante après avoir bénéficié du pardon lancé par Feu le Roi Hassan II. Cette découverte les bouleverse et les obsède.

    Les principaux rôles de « Larmes de sable », filmé à Casablanca et Ouarzazate, ont été interprétés, entre autres comédiens, par Mohamed Choubi, Saadia Ladib, Adil Abatorab, Mohamed Qatib, Abdellah Chakiri, Az Arab Khaghat, Fatima Harandi, Naima Lamcharki et Abdellah Lamani.

    « Larmes de sable », écrit par Aziz Salmy et produit par Arts films productions, est le deuxième long métrage de Salmy après « Amours voilées » sorti en 2009.

    La 19ème édition du Festival du national du film a démarré vendredi dans la ville du Détroit, Tanger (Nord), avec à l'affiche une cinquantaine de 60 films dont 15 en compétition pour les longs-métrages et autant pour les courts-métrages.

    Organisé par le Centre cinématographique marocain (CCM), ce festival est également marqué par la projection d’un panorama de films produits durant les années 60, 70 et 80. Il s’agit d’une rétrospective visant à retracer les différentes étapes qu’a connues le cinéma marocain en présentant des œuvres aujourd'hui considérées comme des classiques.

    HA/APA

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